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 n°1017, des retrouvailles (inna)tendues.

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citation : Il faut se méfier du chagrin des petites filles, il est l'arme secrète des femmes. ♠ On provoque nous même ce qui nous arrive, et ensuite on appelle ça, le destin. Quoi de plus facile quand on choisit un chemin glissant que de prétendre qu’on y était destiné ? ♣ Life is bitch.

MessageSujet: n°1017, des retrouvailles (inna)tendues.   Mer 11 Juil - 14:26




FEAT RAFAEL D. GARRISON & JULES R. DI LORENTIS

« Une peine d'amour, ça tient compagnie
mieux que n'importe quel ami. »


Je passe une main dans ma longue chevelure, et inspire profondément. Cela fait maintenant quelques semaines que ce rituel est devenu une habitude pourtant j’ai toujours tant de mal à m’y rendre. Cette immense villa, de l’autre côté de la rue, cette jolie maison à la façade fleurie, qui m’évoque tant de souvenir et qui semble cependant aujourd’hui, éteinte. J’ai promis à la vieille dame qui y a vécu le plus clair de son temps, d’en prendre soin, jusqu’au jour où d’autres s’en empareront pour le vendre, l’habiter et la changer, du tout au tout. Et c’est toujours avec les larmes aux yeux que je m’apprête à aérer les lieux. Je ferme le robinet, m’empare du mascara qui traîne au bord de l’évier pour m’en mettre une légère touche avant de m’extraire de la salle de bain. Je jette mon dévolu sur une petite robe noire dans l’armoire, l’enfile et l’accorde à une paire d’escarpin de la même couleur. Le noir est devenue ma couleur favorite, peut être parce qu’habillée ainsi, je reflète ce que je ressens à l’intérieur. Cette douleur due à l’injustice, l’injustice d’épreuves douloureuses, trop difficiles à supporter pour une seule personne. Je ferme finalement la penderie, après un dernier regard dans le miroir et je dévale les marches de l’escalier, me ruant vers la porte. J’aime sortir de chez moi à l’aube, quand les gens dorment encore, quand personne ne m’apercevra. Parce que je n’ai tout simplement aucune envie de devoir saluer hypocritement mes voisins, je n’ai nullement envie de répondre à leurs questions, ou d’exposer un quelconque fait de ma vie. Or ici, les gens parlent, les gens veulent comprendre, veulent pouvoir commérer sur ma vie, et ça en devient tout simplement insupportable. Je me hisse hors de la villa, baisse les yeux afin d’éviter les caméras. Cette nouveauté rend mon quotidien on ne peut plus désagréable. Quelle idée saugrenue que de gâcher la vie des gens qui vivent ici depuis si longtemps, dans la paix la plus totale. Aujourd’hui, tout n’est qu’un prétexte à nous épier, et je sais que dans peu de temps, des choses que j’ai jusque là su enterrer seront mises à nues. Je redoute cet instant au plus haut point, mais déménager de cet endroit m’est impossible pourtant.

Je traverse la rue, et d’un pas vif je marche vers la maison où j’ai passé une bonne partie de mes étés, enfant. Je me souviens d’y avoir courut, le sourire aux lèvres pour échapper au petit garçon qui à cette époque avait choisie d’être le gentil déjà. Le gentil qui défend le quartier de la voleuse que je représentais. Le gentil qui a décidé d’offrir sa vie pour sauver le pays. La différence est faible. Peut être qu’il était dès le départ prédestiné à offrir sa vie pour être un gentil, mais je n’arrive à m’y résoudre. Je chasse ce souvenir de mon esprit, penser à lui est bien trop douloureux, parce que je lui en veux d’être mort avant que je n’ai pu le gifler de m’avoir abandonner. Parce que je lui en veux tout simplement d’être parti, et non plus pour faire la guerre, mais pour toujours à présent. J’inspire tout en me rapprochant de la jolie pelouse fleurie et me faufile sur le petit chemin afin d’atteindre enfin la porte. Je tourne la clé dans la serrure et la poignée cède sous mes doigts. Je referme la porte derrière moi, et me dirige rapidement vers la cuisine. Chose étrange, le volet est ouvert. J’étais pourtant certaine de l’avoir fermé lors de ma dernière visite, mais mes idées sont troubles, floues, comme c’est souvent le cas en ce moment. Peut être que finalement, je ne me rappelle pas de ce que j’ai bien pu faire. Quelle importance après tout, rien ne semble avoir bouger. Afin de vérifier, je me dirige cependant vers l’étage, une bouteille d’eau à la main, afin d’arroser les plantes du premier. Je me dirige machinalement vers la chambre. Si quelqu’un s’est introduit ici, il aura forcément toucher au coffret à bijou de la vieille dame à qui ils ne serviront plus. Je pousse la porte, et pénètre dans la pièce plongée dans la pénombre. J’appuie du bout du doigt sur l’interrupteur afin d’y voir plus clair. Le coffret à bijou est posé sur la petite commode, comme toujours, et rien ne semble avoir été déplacé. Je m’approche de la fenêtre afin d’ouvrir le volet et d’aérer la pièce quand une silhouette retient mon attention. Quelqu’un est allongé sous le drap. Le lit n’est pas vide, et je n’ai d’autre réflexe que de jeter sur l’intrus le contenu de la bouteille que je tiens à la main. Ainsi, l’eau froide qui aurait du hydrater les plantes asperge l’homme qui sursaute du fond du lit. « Qu’est ce que vous faîtes ici ? » La peur, la surprise se mélangent en moi, comment cet homme a-t-il pu s’introduire ici ? Et depuis quand occupe t-il les lieux ? Peu de temps, puisqu’à ma dernière visite, il n’était pas là. Au sol, un sac militaire déborde de vêtements. Dans mon esprit, toutes les informations s’assemblent, alors, je dévisage avec plus de concentration les traits de l’homme. Figée, je ne comprends plus. C’est impossible, ça ne peut pas être… « Rafael ! »


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MessageSujet: Re: n°1017, des retrouvailles (inna)tendues.   Jeu 12 Juil - 16:54


Harassé par la présence des caméras dans cette petite ville, Rafael opta pour l’isolement. Un choix plus judicieux, lui qui détestait être au centre de tous les intérêts. Cloitré dans l’immense bâtisse de sa grande tante, le jeune homme toisa la rue, qui, à l’aube, était étonnamment calme. Poussant un léger soupir, la fatigue commençait peu à peu à se faire ressentir. Depuis quelques semaines, ses nuits étaient agitées, sans cesse dérangées par des cauchemars sanglants. La guerre, la mort, des cris … Les visages de ses amis et soldats défunts ne cessaient d’hanter ses songes. Et plus d’une fois, le séduisant capitaine s’était réveillé, brusquement, transpirant et le cœur en liesse. Dormir était devenu un luxe qu’il ne pouvait malheureusement plus s’offrir. Il vivait la nuit, tentant vainement de dormir le jour venu. Les caméras surveillaient derrière ses immenses fenêtres, chacun de ses mouvements, il en persuadé, si bien qu’il se privait de lumière naturelle dès qu’il le pouvait. Ses doigts puissants glissèrent vers sa nuque qu’il massa avec vigueur. Lentement, il se retourna avant de pénétrer dans l’immense cuisine. Un verre trônait sur le plan de travail, Rafael vint le remplir d’eau avant de le porter à ses lèvres. Les rayons d’un soleil d’été venaient de percer à l’horizon et esquissant un long bâillement, le jeune homme estima qu’il était temps d’aller se coucher. Laissant le volet de la cuisine ouvert, il décida finalement de grimper à l’étage. Adressant un dernier regard au rez-de-chaussée désespérément vide de toute existence féminine, Garrison, escalada les marches unes à unes avant de s’enfermer dans la chambre à coucher.

Sa grande tante venait de décéder, d’une rupture d’anévrisme apparemment, mais pour Rafael, la tristesse n’était pas au rendez-vous. Il avait partagé le plus clair de son enfance avec elle, sillonnant les couloirs de cette maison en riant, mais aujourd’hui, habitué au tragique et à la mort, il ne ressentait plus rien, pas même une once de tristesse et ou regret. Il se débarrassa prestement de son tee-shirt qu’il jeta sur son sac qu’il n’avait pas encore pris le temps de défaire. Son pantalon connu le même sort et largement dévêtu, il s’allongea sur le lit pour s’endormir … instantanément. Ces courtes siestes étaient salvatrices, mais une partie de son âme ne cessait d’être tourmentée par d’affreuses images. Les minutes s’écoulèrent et les heures semblaient défiler face à ce sommeil de plomb mais contre toute attente, un étrange bruit le tira de ses songes animés. Serait-ce des talons ? Effectivement, des bruits de pas venaient de pénétrer dans la chambre et tout à coup, une violente lumière l’obligea à ouvrir les yeux. Un gémissement s’échappa de ses lèvres engourdies et portant une main à ses yeux encore endormis, il sursauta lorsqu’un liquide étonnamment froid s’étala sur les draps. « Qu’est ce que vous faîtes ici ? » Une voix féminine le tira du lit et basculant en arrière, Garrison chuta de ce nid douillet. Trempé, il secoua la tête avec vigueur avant de se relever avec difficulté. Bougon, il murmura. « Je vous retourne la question. » Détaillant maladroitement cette insolente jeune femme, il s’approcha d’elle, embrumé. « Rafael ! » Cette voix ne lui était pas inconnue et ouvrant les yeux avec plus de détermination, il reconnu la beauté de ses traits. « Jules ! »

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hey girl, is he everything you wanted in a man? you know I gave you the world, you had me in the palm of your hand
so why your love went away ? i just can't seem to understand. thought it was me and you babe, me and you until the end. but I guess I was wrong.
jt.tumblr
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